VIH et SIDA et Agriculture

A ce jour, les avis divergent quant à l’impact socio-économique du VIH et du SIDA sur les sources de revenus, la pauvreté, l’agriculture et l’économie. Néanmoins, quelques études ont été faites, et d’autres recherches continuent, pour connaître la portée du VIH et du SIDA sur l’agriculture, en vue de dégager les meilleures stratégies d’atténuation de ses effets néfastes éventuels. Ainsi, plusieurs articles du rapport sur le VIH/SIDA et l’agriculture : implications pour la sécurité alimentaire en Afrique de l’Ouest et du Centre[1] organisé par Africa Rice Center (WARDA) font ressortir que les conséquences du VIH et du SIDA sur l’agriculture, aussi bien en Afrique de l’Ouest que du Centre et de l’Est, sont entre autres la perte des bras valides, la baisse croissante de la production et le bradage des capitaux. Par ailleurs, une rapide revue de littérature, toujours menée dans ce rapport, montre que ce sont les communautés rurales qui subissent le plus l’impact de la maladie sur elles, et ce dans plusieurs domaines : la main-d’œuvre agricole et  la taille des champs s’amenuisent, les cultures et les systèmes culturaux changent dans un besoin d’adaptation aux capacités d’un organisme plus faible, les biens de la famille sont progressivement vendus pour répondre aux nécessités de soins. Il y a en outre des conséquences néfastes sur l’adoption de nouvelles technologies de production dans la mesure où du fait de la stigmatisation, les personnes infectées ou les familles affectées ne peuvent pas se joindre à la communauté pour les formations, mais aussi sur la transmission des connaissances et des compétences de gestion indigène des parents infectés à leurs jeunes enfants.

Cette situation est confirmée par une autre enquête menée au Rwanda sur l’impact financier du VIH et du SIDA sur les populations affectées[2].

Les résultats de cette enquête révèlent que  trente et un pour cent (31 %) des répondants vivent dans un ménage affecté par le VIH et le SIDA. Un enquêté sur cinq a vu au moins un membre de son foyer tomber malade au point de ne pouvoir travailler au cours des six derniers mois ayant précédé l’enquête. Les dépenses mensuelles relatives aux soins de santé sont de 54% plus élevées dans les ménages affectés par le VIH/SIDA que dans les autres ménages. Ces différences démontrent que les ménages affectés font face à une augmentation des dépenses et à une baisse des revenus.

Par ailleurs, les ménages affectés par le VIH/SIDA sont plus pauvres que les autres ménages ou sont dans un processus de liquidation de leurs biens et ont très peu de biens matériels. Mais ils maintiennent le même niveau de biens associés à l’agriculture, ce qui suggère l’importance accrue des activités agricoles à la fois de subsistance et génératrices de revenus. L’enquête l’a d’ailleurs montré : l’agriculture constitue une source de revenus pour 23% des ménages affectés par le VIH/SIDA et pour 15% des ménages non-affectés. Il y en effet une forte dépendance vis-à-vis de  l’agriculture comme source de revenus dès qu’un ménage est affecté par le VIH et le SIDA :

« L’agriculture serait plus importante et plus fiable qu’une microentreprise pour remplacer les salaires comme source de revenus du ménage ». (p. 33)

En plus de revenir sur les différents impacts déjà cités du VIH et du SIDA sur le secteur agricole, les auteurs d’une étude récente menée au Malawi[3] montrent aussi comment la relation entre pauvreté et manque de pouvoir et de choix exposent les filles et les femmes à l’exploitation sexuelle, de même qu’à des comportements à risque et au travail sexuel dans le cadre de stratégie de survie. (p. 7). Pour eux, une plus grande égalité de genre et une autonomisation des femmes aidera à combattre le VIH et le SIDA et à faire face à ses conséquences.

Pour les auteurs de cette étude, il est important donc de réduire l’infection au VIH, ce qui aidera les populations à mieux s’occuper de leur travail. Mais arriver à un changement durable exigera que le problème de pauvreté soit réglé, de même que soit revue la position des femmes dans la société.

Une conclusion bien similaire à celle à laquelle sont parvenus Rachel Slater et Steve Wiggins[4] pour qui le meilleur moyen pour le secteur agricole de contribuer à la lutte contre le VIH et le SIDA est de redoubler les efforts existants en faveur du développement pour libérer de la pauvreté les communautés les plus démunies.


[1] SWIHA. 2006. Proceedings of the Regional workshop on HIV/AIDS and Agriculture : implications for Food security in West and Central Africa. 18-20 juillet 2005, Cotonou, Benin. Africa Rice Center (WARDA). Pp. 320

[2] USAID. 2005. Evaluation de l’impact financier du VIH/SIDA : une enquête menée auprès des banques populaires rwandaises.

[3] ARREHAG,  L. , DE VYLDER, S., DUREVALL, D. et SJÖBLOM, M, (2006).  ‘The impact of HIV/AIDS on livelihoods, poverty and the economy of Malawi’ Sida Studies, No. 18, SIDA

[4] Slater, R. et Wiggins, S.(2005) ‘Responding to  HIV/AIDS in agriculture and related activities’, Natural Resource Perspectives 87, Londres, ODI

Une réponse à VIH et SIDA et Agriculture

  1. Musabyimana dit :

    Le VIH/SIDA connait un impact plus négatif dans les ménages des producteurs agricoles. Plus encore pour la partie Est de la RDCongo où toutes les attrocités ont eu lieux en mileux ruraux il ya 20ans maintenant. Les paysans doivent béneficier plus de sensibilisations sur le dépistage volontaire. Néamoins les centres de dépistages et autres groupes d’accompagnement et d’appui aux personnes vivant avec le VIH/SIDA reste encore très faibles oo n’existent pas dans plusieurs parties des villages de l’Est de la RDCongo

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